Ubuntu – Changez-moi ce mode de développement !

Le cycle de développement d’Ubuntu est très simple à comprendre. Une nouvelle version sort tous les 6 mois, et est numérotée selon sa date de sortie, les deux premiers chiffres donnant l’année, et les deux derniers le mois (ainsi, la 13.10, qui sort demain, est appelée ainsi parce que nous sommes en 2013 -si, si-  et parce que nous sommes en octobre, dixième mois de l’année). Dans les mots, ça sonne bien, mais la flopée de petits inconvénients me fait tiquer.

Appuyons-nous sur les versions d’Ubuntu sorties récemment, ainsi que leur cycle de développement, à partir de la 12.04, une LTS en bonne et due forme, solide, et disposant de la version 5 de l’interface Unity. Six mois plus tard, nous avons eu la 12.10, qui nous apportait quelques nouveautés, telles un mode de preview dans le dash, et, en grandes pompes, les fameuses webapps, une intégration des services web directement dans Ubuntu. Ainsi, l’on pouvait mettre des vidéos YouTube en pause directement depuis le menu du son. Youpi. Mais, malheureusement, j’ai pu constater que cette idée, géniale sur le papier, ne se mettait que rarement en œuvre, étant donné le manque de finalisation de la chose. Et c’est là tout le problème. En six mois, le temps manque beaucoup pour à la fois apporter et stabiliser des nouveautés.

C’est ainsi qu’on se retrouve avec des versions d’Ubuntu qui se suivent sans vraiment en apporter (la 13.04 en est un parfait exemple). Si Canonical a décidé, ces derniers temps, de parfois retarder l’intégration de nouveautés dans le système parce que pas assez stables, ce n’est pas un hasard. Les smartscopes de la 13.10 étaient censées arriver dans la 13.04, et Mir, le nouveau gestionnaire graphique, ne sera pas intégré dans la 13.10, comme c’était prévu à l’origine.

Pourtant, les développeurs d’Ubuntu abattent un boulot extraordinaire. Lorsque je vois l’évolution de cette distribution, j’applaudis à deux mains. Mais, honnêtement, je ne pense pas qu’il soit possible d’accoucher en six mois, d’une véritable nouvelle version d’Ubuntu. On a une logithèque mise à jour et des bibliothèques renouvelées, point. Par contre, entre deux LTS, on voit vraiment de grandes différences.

Ainsi, l’idée de ne sortir que des LTS et d’être en rolling release le reste du temps (soit en développement continu) avait été envisagée lors du cycle de développement de la 13.04, sans être adoptée. Je reste convaincu que c’est la meilleure solution envisageable pour avoir, à chaque version stable, de vraies nouveautés et un système qui tient la route, que l’on aie pas à choisir entre nouveautés et stabilité.

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4 Comments

  1. Il y a eu de très grandes discussions à ce sujet en début d’année et de gros clash.

    Au final il a été décidé qu’Ubuntu sorte quand même tous les six mois mais que la version de dev soit en rolling release. D’après ce que j’ai compris, les gens qui comme moi ont installé la 13.10 depuis longtemps (pendant le cycle de dev) vont passer automatiquement sur la 14.04 dès que son cycle de dev va commencer.

    Le fait de sortir tous les six mois à un avantage non négligeable. C’est d’avoir un vrai retour utilisateur. Ainsi la levée de bouclier anti Amazon (qui n’était que la première étape vers les smartscopes) a permis de comprendre que sa conception était défaillante et une réflexion ouverte a eu lieu en décembre pour la revoir. Le fruit de cette réflexion c’est le service de recherche intelligente tel qu’il est livré aujourd’hui.
    De plus, plus de gens utilise une version standard, plus Canonical récupère de métriques qui lui permettent de l’améliorer. C’est aussi un bon moyen pour qu’une grande quantité d’utilisateurs ouvrent des tickets d’incidents. Enfin d’avoir des étapes définies permets aussi aux projets annexes (traduction, documentation, …) d’avoir des points d’étapes dans leur avancement.
    Enfin, les distributions communautaires (Kubuntu, Lubuntu, Xubuntu, Ubuntu GNOME, etc…) ont fait pour la plupart le choix de rester elles aussi sur un cycle de six mois. Il faut donc qu’elles puissent se baser sur le code du coeur d’Ubuntu qui se voit améliorer tous les six mois.

    Avant de reprendre le bon vieux "Canonical n’écoute pas la communauté, merci de se renseigner un minimum sur ce qui se passe dans la communauté". C’est vrai c’est en anglais, y’a moyen de se retrouver exclu si on ne connait pas cette langue. Pour le moment nous n’avons pas de ressource au sein d’Ubuntu-fr de faire correctement redescendre tout ce qui se passe dans la communauté Ubuntu. J’espère que cela va changer dans l’avenir. A défaut, le planet Ubuntu (et non Ubuntu-fr) reste le meilleur endroit pour prendre la température de la communauté et de comprendre les rapports communauté-Canonical.

    Amicalement,
    Winael

  2. Je pense que les utilisateurs ne devrai utiliser que les LTS. Les versions intermédiaires, pour les développeurs (ou les impatients de nouvelles fonctionnalité), afin qu’ils puissent se préparer à utiliser ces nouvelles fonctionnalités: l’exemple des webapps et très pertinent car les développeurs ont le temps de tester leur webapps avant la prochaines LTS. Au passage, c’est ce qui est suggéré sur la page officiel du projet lors du téléchargement: LTS pour vous ou la plus récente si vous pensez être prêt aux nouvelles fonctionnalités.
    Si tout les utilisateurs étaient en LTS il n’y aurait pas eu de tels echos à l’arrivée chez les utilisateurs à propos d’Unity.

    Je me considèrent dans les deux catégories: mon desktop pour gaming/firefox en LTS, mon laptop en version la plus récente, où je dev.

    • "ça fait bien longtemps que canonical n’écoute plus sa communauté …
      tous le monde réclame une roling release !"

      Je pense que tu y vas fort, car il y a eu beaucoup de demande sur des forums ou blogs, mais ce n’est comme cela que le projet Ubuntu fonctionne. Serai tu gérer le développement d’une distribution en te basant sur les avis énoncé sur des blog (comment savoir que tu as pris en compte tout les blog des internets? et le mois prochain tout change d’avis, tu change tout les mois?).

      En fait, dans le projet Ubuntu, il y a ce que l’on appel des UDS (‘ubuntu développement submit’). Ce sont des sessions (physique avant, en ligne visio/audio/texto maintenant) dans lesquels chacun peut évoquer le sujet qu’il souhaite traiter. Il y a eu récemment un UDS qui à traité des cycles de développement, et ce ne sont pas que des avis de préférences qui sont mis au tapis, mais des arguments. Il faut traiter qu’est-ce qui se passe dans tel cas (risque et avantage) et qu’est-ce qui se passe si ce n’est pas comme ça et vice-versa. Il y avait beaucoup de partisant de la rolling, même chez Canonical, et pourtant jusqu’à 14.04 il a été décidé de conserver ce rythme. Les participants sont le plus souvent des gens qui travail autour du projet Ubuntu (dev, design, manager, …) et donc des membres de la fondation Ubuntu, des employés de Canonical, des membres Ubuntu, des gens, des pseudo sur IRC, peut-être toi ?

      Si vous pensez que c’est bien tel ou tel cycle de développement, cela ne suffira pas à le faire appliquer à Ubuntu, il s’agit de le défendre contre un autre mode de diffusion, en gardant en tête les objectifs d’Ubuntu (lève-toi ♪ bas-toi ♬)

      Je ne dis pas cela pour faire le mec qui enseigne hein, mais en espérant que cela motivera plus de monde à défendre ses idées lors de ces UDS (votre idée peut être d’ailleurs de faire évoluer ces UDS autrement).

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